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Ralentir

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Nous passons notre temps à courir. Courir après le temps…mais aussi courir après la réussite, l’argent, la reconnaissance, les amours, la jeunesse, la beauté. Bref, nous courons, nous cherchons, nous sommes en quête. Mais de quoi ? De tout ce que je viens de citer ? En fait non. Tout ceci n’est que prétexte, c’est l’arbre qui cache la forêt. Ce après quoi nous courons au fond, c’est la cessation de l’insatisfaction, la cessation de ce qui nous frustre ou nous fait souffrir.

Mais, à agir ainsi, nous ne nous rendons pas compte que nous nous y prenons très mal, car dès qu’un désir est satisfait, il est immédiatement remplacé par un autre, après lequel nous allons à nouveau courir. Et si le désir n’est pas satisfait, pour quelque raison que ce soit, alors nous sommes naturellement insatisfaits, frustrés, malheureux.

Ainsi agissons nous, aveugles à notre condition.

Soyez honnêtes : combien de fois pendant un cours de yoga ne vous êtes vous pas dit mais qu’est-ce que je fais là, quand est-ce que cette torture va cesser, pourquoi restons nous si longtemps dans cet asana, mais ce prof est fou de nous faire faire ça, plus jamais je ne pratiquerai cette posture etc. ? Expérience directe de l’insatisfaction. Combien de fois dans la vie n’avez vous pas pesté contre la voiture devant vous, la file trop longue à la caisse du supermarché, le voisin trop bruyant, le gamin insupportable, la lenteur administrative, le facteur qui ne dépose pas le courrier dans la bonne boîte, le médecin en congés quand on a besoin de lui…

Et si nous décidions de ralentir ?

Ralentir la course au désir, à l’insatisfaction, ralentir la course après le temps.

Non, la vie n’est pas un marathon. Ce n’est pas non plus une course d’obstacles à franchir l’un derrière l’autre pour parvenir victorieux sur la ligne d’arrivée…qui n’est que la mort…

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La vie, c’est à chaque instant, à chaque seconde. C’est maintenant et encore maintenant et puis maintenant, en une succession d’instants présents. Encore faut-il en avoir conscience et pour cela que notre esprit ne soit pas constamment tendu vers un futur hypothétique, ni qu’il soit agité par un passé douloureux ou frustrant parce que disparu et qui nous plonge dans la nostalgie, les regrets, la mélancolie.

Pour percevoir la vie à chaque instant, il nous faut abandonner notre perception des choses au travers des concepts. Le nom n’est pas la chose. Quand nous éprouvons une sensation de plaisir ou une douleur, ce n’est pas un concept. Et quand nous touchons un objet, respirons une odeur, regardons quelque chose, ce ne sont pas non plus des concepts. Mais sommes nous seulement attentifs à la façon dont nous ressentons, éprouvons physiquement l’objet, l’odeur, la vue ? Sommes nous capables de faire l’expérience directe des objets, des odeurs, des goûts, des sons, des couleurs, des formes etc. ?

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Pour cela, il nous faut R.A.L.E.N.T.I.R.

Ralentir signifie prendre le temps d’observer, de ressentir, de percevoir que telle chose, telle expérience physique provoque chez nous des réactions de plaisir ou de rejet, réactions conditionnées par notre éducation, notre histoire. Tel parfum nous est désagréable car il est associé à une situation que nous avons connue et qui elle-même a créé du déplaisir. Tel goût à l’inverse nous est agréable tant il est associé à la douceur de l’enfance. C’est la madeleine de Proust qui nous guide en permanence. C’est un véritable conditionnement.

Ralentir c’est donc apprendre à se déconditionner. On ne fera jamais assez l’éloge de la lenteur. prendre le temps de vivre ne signifie pas se prélasser en attendant que les choses se fassent ou soient faites par d’autres. Prendre le temps de vivre signifie prendre le temps d’être attentif à chaque instant à nos sensations, nos émotions, nos sentiments, voir comment ils agissent sur notre physique, ou inversement comment telle sensation physique influence notre humeur, notre comportement.

Prendre le temps de vivre signifie vivre pleinement toutes ces sensations, émotions, sentiments quand ils se présentent, à chaque instant, en étant conscient que l’instant d’après ils pourront n’être plus là ou que nous pourrions tout simplement ne plus être de ce monde. C’est aussi prendre le temps d’examiner les enchainements de cause à effet, repérer et défaire les liens qui nous conditionnent.

Ralentir, c’est vivre, parce que la vie est là, malgré nous, que nous la percevions ou pas. Elle n’est pas cette illusion, ce cinéma permanent que nous nous créons. La seule questions que nous ayons à nous poser est « suis-je prêt à vivre, réellement » ?

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C’est aussi cela ahimsa…

Voilà, les périodes de confinement, les restrictions sanitaires sont pour la plupart levées. Nous retrouvons le chemin des salles pour pouvoir, enfin, à nouveau pratiquer ensembles.

Je dois dire que ces mois éloignés de mes élèves, en contact avec certains seulement par vidéo, ont été, j’ose le dire, éprouvants.

Car rien ne vaut le contact humain direct, rien d’autre que la pratique en salle ne permet de sentir l’énergie particulière qui peut se dégager d’un cours et qui change d’un cours à l’autre, d’un jour à l’autre. Rien ne vaut ces discussions informelles avec les élèves avant ou après le cours. Rien de tel que nos élèves pour nous redonner du dynamisme, de l’entrain.

Je sais que certains ont mis à profit cette période récente pour accentuer leur pratique personnelle.

Oserais-je le dire ? Pas moi. Oui, pas moi ! Je suis certes enseignant de yoga, mais je suis aussi humain, je suis, comme beaucoup, sensible aux atmosphères, aux ambiances et j’ai été affecté par l’ambiance générale de ces derniers mois. Une sorte de lassitude, de déprime rampante, de sentiment d’enfermement, de « à quoi bon »…

Faut-il culpabiliser ? Certainement pas ! Certains me jugeront peut-être, estimant que mon attitude d’abandon et pire, mon aveu public, ne sont pas digne d’un « vrai » yogi. C’est leur affaire. Pour moi le vrai yogi n’est pas le yogi parfait et idéal, mais celui qui, humblement, fait avec le corps qui est le sien, les problèmes qui sont les siens au quotidien, de quelque ordre qu’ils soient. Le vrai yogi est celui qui, comme tout un chacun, fait comme il le peut, se débat parfois avec ses démons, ses « j’ai pas envie », ses moments de lassitude et qui s’y abandonne. Mais c’est aussi celui qui se rendant compte qu’à la longue cet état n’est pas ce qu’il y a de mieux pour lui va se remettre en selle, retrouver sereinement le chemin du tapis et explorer à nouveau ses asanas, son prânâ, son mental, qui va retrouver plaisir à ce voyage intérieur.

Pas de culpabilité, pas de complaisance non plus, rien de tout cela n’est utile. Juste une claire conscience des choses et quand le temps est venu, reprendre la route…

Voilà. J’étais parti pour écrire un article sur les kriyas et je me suis soudain senti poussé par je ne sais quelle impulsion à écrire cet article. Non une confession, il n’y a pas de péché, pas non plus un aveu de faiblesse, avouer suppose une forme de culpabilité. Non, juste un moment de vérité, simplement.

Pourquoi ? Par volonté de transparence ? certes non, ce qui est intime doit demeurer intime en général et je n’ai pas à prouver ou montrer quoi que ce soit. Pour me faire de la publicité ? Pas plus, je m’y prendrais autrement. Pourquoi alors ?

Simplement pour que ceux qui me lisent, si la même chose leur est arrivée, puissent se dire que ce n’est pas grave, que sur le chemin on peut faire des haltes et repartir, peut-être avec plus d’entrain et plus d’énergie qu’avant. C’est aussi cela Ahimsa.

Aimer ses limites

Notre monde contemporain est un monde de compétition, de concurrence, où règne l’injonction d’être toujours plus fort, plus compétitif, plus beau, plus jeune. Règne de la quantité qui prime sur la qualité.

Or, le chemin du yoga est un chemin qui conduit à l’intériorité, un chemin qui nous permet par la répétition des asanas, la maîtrise du souffle, à prendre conscience du corps, à l’explorer, non de l’extérieur, non comme quelque chose à conquérir, mais de l’intérieur. L’asana aide à entrer dans le corps, à le découvrir et donc à découvrir ses limites.

On peut tempêter, râler, pester contre ses limites, elle resteront toujours des limites. Ce que le yoga nous apprend à faire, c’est à connaître nos limites, à les explorer, à les comprendre, à les respecter et à les aimer.

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Connaître nos limites tout d’abord. En effet, très vite les asanas nous placent face à elles : raideurs physiques, muscles pas assez fermes, souplesse réduite, équilibre défaillant… Mais aussi limites mentales, on n’aime pas telle posture, on trouve celle-ci rébarbative, celle-là trop facile, cette autre encore inutile, et cette dernière qui dure trop. On se demande pourquoi on n’arrive pas à faire un asana aussi beau que le prof ou la voisine de tapis, on peste contre son manque de souplesse, on se demande ce qu’on fait là ou bien pourquoi on n’a pas commencé le yoga plus tôt. Bref, les motifs pour laisser le mental mener la danse sont nombreux.

Notre travail est alors de cartographier ces limites, inlassablement par la répétition des postures dans notre pratique, d’observer comment notre corps réagit, comment notre mental réagit également, selon les jours, selon les postures, selon nos émotions, selon nos sentiments. Observer, repérer, identifier, et ne pas juger sont ici essentiels. Nous conjuguons deux attitudes bien connues des pratiquants du yoga qui font partie de l’éthique du yogi : Ahimsa, la bienveillance, envers soi comme envers les autres et Santosha, l’acceptation, c’est à dire se contenter de ce qu’on a, de ce qui nous est donné dans l’instant. Rappelez vous qu’il s’agit de pratiquer sans attendre quoi que ce soit, sans attendre un résultat particulier. Pour parodier une phrase des Évangiles, je dirai bien : « pratiquez, le reste vous sera donné de surcroit ».

Une fois que nous avons repéré nos limites, il faut les explorer et les comprendre. Cela signifie qu’il faut comprendre comment fonctionne ces limites. S’agit-il de limites physiologiques définitives ? La taille d’un os et sa forme ne varieront pas. Je me rappelle un épisode au cours d’une expédition spéléologique où je manifestais ma surprise de voir qu’un de mes camarades, pourtant très mince, n’arrivait pas à passer dans une étroiture. Ce dernier m’expliquât alors que la taille de son fémur ne lui permettait pas de passer sa jambe dans le virage en épingle à cheveux que faisait cette étroiture. Il ne réussirait jamais à passer. Nous aussi nous avons des limites que nous ne pourrons jamais franchir. Inutile de vous évertuer à vouloir absolument obtenir une ouverture de hanches maximale si la tête de votre fémur ne vous y autorise pas.

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Mais il y a en revanche des limites qu’il est possible de dépasser, pour aller plus loin. Non pour répondre à cette sacro-sainte (et ô combien détestable) injonction du dépassement de ses limites (toujours plus), mais parce qu’à force de travail et de persévérance (sans rien attendre de spécial), le corps apprend, retient, se laisse faire et accepte. Ce n’est pas MOI qui accepte, qui dirige, qui force, c’est le corps qui décide. Il ne s’agit pas de « maîtriser » la posture, mais de se laisser faire par elle, de se laisser guider, de se laisser conduire, patiemment.

Ce qui prévaut pour les limites physiques prévaut aussi pour nos limites mentales. On ne les dépasse pas à force de volonté, mais avec patience, parce que la pratique façonne le corps qui, à son tour, façonne le mental.

Nos limites étant repérées, cartographiées, comprises, il faut savoir les accepter, qu’elles soient temporaires ou définitives. Accepter que d’un jour sur l’autre elles évoluent, pas toujours dans le sens de ce que nous pensons être le progrès, car le yoga n’est pas une progression linéaire. Accepter que, quoi qu’on décide, quoi qu’on veuille ou espère, les limites sont là. Il s’agit ici de travailler l’acceptation, santosha, de savoir accepter que ici et maintenant, sur notre tapis, les limites sont là et qu’elles sont autres que ce qu’elles étaient ce matin, ou du moins qu’elles se manifestent, se présentent différemment, nous imposent plus ou moins de contraintes. Accepter que ce qu’on croyait avoir compris ou acquis la veille puisse être remis en question dans l’instant. Il s’agit, ni plus ni moins que d’un travail de deuil. Faire le deuil de son idéal, faire le deuil de ses idées de progression linéaire, faire le deuil d’un image de soi (image et imaginaire vont de pair…) , faire le deuil, en fait, de l’illusion d’un « moi » monolithique, constant, qui mènerait le jeu par sa seule volonté.

Tout ceci nous conduit, presque tout naturellement à aimer nos limites. A les aimer parce qu’à force de les fréquenter, on les connaît mieux et on les accepte mieux. A aimer ses limites parce que, de jour en jour, ce sont elles qui nous dessinent, nous façonnent, ce sont elles qui font ce que nous sommes. Connais tes limites et tu te connaitras, telle pourrait être la devise du yogi. Aime tes limites et tu deviendras sage pourrions nous ajouter. Sage, de cette sagesse qui n’a rien de pontifiant, mais qui naît de l’ouverture du coeur (de la conscience), de l’acceptation de ce qui est, de ce qui se présente, à chaque instant.

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Pour terminer, je dirais que ces étapes ne sont pas nécessairement chronologiques, même si, souvent, le cheminement du pratiquant fait qu’il en prend conscience dans cet ordre. En fait, si nous entrons vraiment dans le cheminement du yoga, ces étapes agissent à chaque fois que nous pratiquons, la plupart du temps à notre insu, jusqu’à ce que la pratique nous conduise à en prendre conscience, ce qui peut nus permettre de placer une intention à tel ou tel moment de la pratique.

Ce ne sont donc pas les asanas « héroïques » ou acrobatiques, des posture « instagrammables » qui font le yogi, mais la façon dont il pratique, conscience du corps, conscience du souffle, présence à la posture, qui va permettre d’apaiser les fluctuations du mental, d’atteindre cette immobilité que la traditionnelle posture de fin de cours, shavasana symbolise parfaitement. Elle fait même plus que symboliser l’immobilité, elle nous y conduit. « Le yoga est la cessation des activités du mental » (yogah cittavrittinirodhah. Yoga sûtras de Patanjali 1.2)

Stage ancrages et encrage, yoga et encre de chine

Envie d’une escapade, d’un temps pour vous, envie de développer votre créativité ? Ce stage est fait pour vous, dans un écrin de nature et de quiétude. Un temps pour se ressourcer, un temps pour s’ancrer dans le souffle, un temps à soi pour créer, l’espace d’un week-end, le temps d’un souffle.

« En peignant un paysage le souffle rythmique doit seul guider le pinceau. Le jeu du pinceau doit être dominé par le souffle. Lorsque le souffle est, l’énergie vitale est »

Vide et plein, François Cheng

« La respiration s’ajuste à la fois au corps et à l’esprit, et c’est le seul outil qui peut les rassembler, les illuminant tous deux et leur apportant la paix et le calme ».

Thich Nhat Hanh

« Quand la respiration est instable, le mental est instable ; quand la respiration est stable, le mental est stable et le Yogi atteint l’immobilité. C’est pour quoi l’on doit maîtriser la respiration ». 

Hata Yoga Pradîpikâ

LE STAGE

Si les termes de corps, souffle et esprit parlent aux pratiquants du yoga, cette trilogie se retrouve aussi au fondement d’autres disciplines orientales, notamment, les arts martiaux et… l’art du pinceau en Extrême-Orient !

Tout comme le yoga, le chemin de l’encre exprime la plus haute spiritualité au travers du corps, du souffle et de la conscience.

Ce stage sera l’occasion d’explorer les points de convergence entre yoga et art du pinceau, pour aboutir à la réalisation d’une œuvre personnelle. Les techniques du yoga (ancrage, pranayama, visualisations…) seront mises au service de ce travail créatif afin d’en faciliter l’éclosion.

ORGANISATEURS

Jean-Pierre Gasnier, Manashanti Yoga, enseignant de Hata yoga, yin yoga et yoga nidra

Suzy Xuan Thu Lloret, artiste peintre

PROGRAMME

Vendredi 04/12

16H00 : accueil des participants

18H00 : Cercle d’ouverture, présentation du stage, pratique d’un yoga doux

19H30 : Dîner

21H00 : Yoga nidra

Samedi 05/12

6H30 : Méditation guidée

7H00 : Pratique matinale (postures d’ancrage et d’ouverture du cœur, pranayama)

8H30 : Temps libre

9H00 : Petit déjeuner

9H45 : Introduction aux fondements de l’art pictural d’Extrême-Orient

11H15 : Pranayama

11H45 : Découverte des gestes et du mouvement du pinceau

13H00 : Déjeuner

14H30 : Pratique de techniques de visualisation

15H15 : A la découverte du motif, observation, mise en pratique

17H00 : Temps libre

17H30 : Atelier : la composition picturale

19H00 : Temps libre

19H30 : Dîner

21H00 : Yoga nidra

Dimanche 6/12

6H30 : Méditation silencieuse

7H00 : Pratique matinale : Yin yoga et lâcher prise

8h30 : Temps libre

9H00 : Petit déjeuner

10H00 : Réalisation de l’œuvre choisie sur « papier Xuan »

12H30 : Temps libre

13H00 : Déjeuner

14H45 : Temps de partage, questions/réponses

15H45 : Méditation à partir de quelques textes

16H15 : Cercle de fermeture/

Rangement des gîtes/Départ

LIEU

L’Oustaou du Lubéron, la Tuiliére – 84530 Villelaure

+33(0)6 64 90 56 24
+33(0)4 90 09 84 95
oustaouduluberon@gmail.com
http://www.oustaouduluberon.com

ACCES

AÉROPORTS Marseille Provence http://www.marseille.aeroport.fr

GARES TGV Aix en Provence, Marseille, Avignon http://www.voyages-sncf.com

PROXIMITÉ à 25 km d’Aix en Provence à 50 km de Marseille

TARIFS

• 390€ / pers, en ch partagée
• offre duo 700€ (lit double)
• Séjour pour min 8 pers | max 12 pers

Votre séjour comprend
• Hébergement de 3 jours / 2 nuits dans un
gîte et chambres partagées, draps à usages
uniques
• Pension complète avec des repas sains et
équilibrés
• Programme d’activités mentionné ci-dessus

Bon à savoir
Vous avez la possibilité de régler votre séjour
jusqu’à 5 fois sans frais. Le solde devra être payé
30 jours avant le début du séjour.
Formulaire d’inscription disponible sur demande.

INSCRIPTIONS

Les inscriptions se font directement auprès de l’Oustaou du Luberon.

+33(0)6 64 90 56 24
+33(0)4 90 09 84 95
oustaouduluberon@gmail.com
http://www.oustaouduluberon.com

Voir : https://www.oustaouduluberon.com/sejours_fr/stages-organises/

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Lâcher prise (encore…)

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« Lâcher prise », mais qu’est-ce que ça veut dire ? J’ai déjà consacré un article à cette question que j’ai traitée sous l’angle de la philosophie du yoga. Mais certains m’ont dit « c’est bien beau tout ça, mais concrètement comment fait-on ? »

Pour tenter de répondre à cette question, je partirai de mon expérience, ce qui me semble être le plus simple et le plus authentique comme démarche. Lorsque j’ai commencé le yoga, persuadé que c’était une activité physique « douce », je me suis très vite rendu compte que le yoga demandait de réels efforts physiques. Pourquoi les autres parviennent à réaliser cet asana apparemment en douceur et pas moi ? Alors, j’ai lutté. Lutté contre moi, lutté pour tendre vers un alignement idéal, lutté pour tenir l’asana, lutté pour ne pas hurler à la figure du prof que « là, STOP ! j’en ai marre, je n’y arrive pas, à quoi ça sert ? ».

J’ai lutté jusqu’à ce que je me rende compte que ça ne servait à rien. Alors, je m’y suis pris autrement. Plutôt que de tendre vers un alignement idéal (en tout cas dans mon esprit), j’ai cherché à comprendre pourquoi on faisait tel asana, à comprendre quel était le but recherché. J’ai cherché comment réaliser l’asana sans lutter et j’ai finalement compris qu’on ne pratique pas contre la posture, mais avec. On l’accompagne et elle nous accompagne. J’ai compris que je pouvais aussi bien travailler en allant moins loin, en ne cherchant pas à imiter les autres. J’ai compris aussi que certaines postures qui me paraissaient faciles étaient manifestement plus difficiles pour d’autres et que l’inverse était certainement vrai. Dès lors, j’ai pu entrer et tenir les postures plus facilement, j’ai pu occuper mon mental à autre chose qu’à lutter, à forcer, à aller contre. Et donc, j’ai commencé à prendre plaisir à la pratique et de là à pratiquer plus régulièrement et ô miracle, j’ai progressé dans les postures. J’aime beaucoup cette phrase entendue un jour lors d’une retraite et que je répète souvent à mes élèves : « le yoga c’est millimètre par millimètre, soyez patients ».

Alors oui, « lâcher prise » ça veut dire observer, s’observer pendant la pratique, observer comment notre mental nous joue des tours, comment lorsque arrive LA posture difficile il nous dit « oh non, encore elle, je n’y arrive pas, je ne l’aime pas ». Lâcher prise consiste alors à prendre la posture, comme on peut, sans a priori, sans résistance et à se dire que si on y arrive pas cette fois-ci, eh bien à force de travail et de persévérance on finira bien par y arriver ou que si on n’y arrive pas, notre vie n’en sera pas fondamentalement bouleversée, qu’il y a bien d’autres postures. Lâcher prise ça consiste aussi à regarder le côté positif des choses, de notre pratique, ce que nous sommes capables de faire, les progrès réalisés. Lâcher prise ça veut dire ne pas rechercher la compétition si on n’est pas un compétiteur dans l’âme, ne pas lutter contre soi, contre les autres, ne pas s’imposer une image idéale, un objectif impossible. On ne grimpe pas l’Everest quand on n’est pas encore capable de grimper une colline sans s’essouffler. Alors inutile de viser l’Everest car ce sera source de bien des frustrations. Lâcher prise c’est s’accepter, accepter ses limites, voir s’il est possible de les repousser et comment, sans se faire mal et accepter que certaines limites ne seront jamais dépassées. Lâcher prise c’est apprendre à respecter ses limites, son corps pour pouvoir s’accepter, c’est apprendre à aimer ces limites, à apprendre à travailler avec, mais à travailler quand même et à découvrir toute la beauté qu’il y a dans le fait d’être capable de travailler des asanas malgré ces limites.

Lâcher prise c’est tout un programme, celui d’une vie, parce que quand on a compris ce que cela signifie sur son tapis, alors on comprend que cette attitude nous pouvons la transposer dans notre vie quotidienne qui, tout d’un coup, devient tellement plus facile et tellement plus belle. Ce que nous apprend la fait de lâcher prise, c’est que nous pouvons éviter des luttes inutiles et explorer la vie avec gourmandise, comme nous explorons notre corps et notre mental sur le tapis, avec rigueur et bienveillance.

Il y a quelques jours, j’avais posté une annonce pour un cours sur Facebook et choisi une photo sur une banque d’images. Cette photo a déclenché une vague de commentaires à l’initiative d’une enseignante qui estimait que la photo n’aurait pas dû être utilisée parce que l’alignement des personnes sur la photo dans la posture du chien tête en bas n’était pas bon. D’autres enseignants s’en sont mêlés ajoutant chacun leur commentaire, faisant assaut de savoir quand à ce qu’il fallait faire et ne pas faire… Mais que savaient-ils de ces personnes sur la photo ? Que savaient-ils de leurs difficultés ? Manifestement il aurait fallu répondre à un canon, sacrifier à la dictature de l’alignement. Je m’y refuse. Non pas qu’il ne faille pas respecter un certain alignement pour éviter de se faire mal, mais parce que j’ai appris que parfois à vouloir trop respecter l’alignement orthodoxe on peut se faire mal, parce que j’ai appris que lorsqu’on indique l’alignement, on doit surtout indiquer ce qu’on cherche et ce qu’on doit absolument éviter et qu’on doit accompagner les élèves pour qu’ils trouvent leur meilleur alignement. La^cher prise c’est cela aussi pour un enseignant de yoga, lâcher prise sur une certaine orthodoxie, un certain idéal et ne pas demander à un élève qui pratique une à deux fois par semaine ce qu’on peut exiger d’un yogi qui pratique plusieurs heures par jour…

« Lâcher prise » peut, je le pense sincèrement, se résumer par deux autres mots : humilité et bienveillance.

« Yoga cittavritti nirodah » « le yoga est la cessation de la fluctuation du mental »

(Yoga sûtra de Patenjali, Samadhipada, 1.2)

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Programme des cours de yoga rentrée 2020-2021

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Chers amis,

J’ai le plaisir de vous annoncer que le programme de mes enseignements de yoga est en ligne sur ce site. Vous pourrez les retrouver sur la page « cours » rubrique « programme ».

Des cours de Hata traditionnel, de Hata Flow, de Hata et Pranayama, ainsi que des cours de yin et de nidra.

Vous pourrez également retrouver le programme des ateliers de septembre à décembre sur le site http://www.holistika-le-studio.fr

En espérant avoir le plaisir de vous retrouver prochainement pour pratiquer et avancer dans notre pratique, dans le respect de chacun.

Toutes les mesures de sécurité en raison du Covid 19 sont respectées.

Le yoga selon Patanjali

« Le yoga est donc l’art qui amène un esprit incohérent et dispersé à un état de réflexion et de cohérence »

B.K.S Iyengar, « Pranayama pradipika »,

Qu’est-ce qui nous fait agir, réfléchir, comprendre ? Selon Patanjali et tous les grands philosophes du yoga, ce qui nous fait réfléchir, agir et comprendre, c’est la conscience (« Chitta »), qui est formée de trois éléments que sont l’esprit (« manas »), l’intellect (« buddhi ») et l’ego, le soi (avec un petit « s ») (« ahamkara »).

« Manas », c’est l’esprit au sens où nous l’entendons habituellement, le mental. « Manas » collecte et centralise l’ensemble des données procurées par les sens, il les traite et permet d’avoir une relation d’objet. Manas est ce qui produit les idées, ce qui pense, nourri par les perceptions. Il est en lien direct avec les fonctions de perception (« Indriyas ») et d’action (« karmendriyas ») et il les coordonne. Il est important de comprendre que manas est de même nature que ces fonctions de perception et d’action. « Manas » est toujours en mouvement, produit des idées, interprète les sensations et produit des émotions, des réactions. C’est par « manas » que nous désirons et éprouvons de la répulsion. « Manas » est donc ce que le yogi cherche à discipliner par sa pratique pour éviter ce mouvement perpétuel qui le fait fuir ce qu’il estime désagréable et rechercher ce qu’il trouve agréable (répulsion/désir, appétence).

« Ahamkara », est le principe qui permet l’individuation, le « moi ». En considérant les choses comme « miennes », en s’appropriant les perceptions et les expériences, « ahamkara » permet de construire une identité apte à dire « je » par opposition à ce qui est autre. « Ahamakara » peut donc être un principe qui engendre l’auto-limitation : « je pense que je suis ceci », excluant du même coup tout ce qui n’est pas conforme à la perception de ce « je ». « Ahamkara » n’est finalement qu’une collection, une accumulation d’images de soi, plus ou moins fluctuantes. Il n’est donc pas définitivement assigné.

« Bhuddi » désigne la conscience par excellence, la conscience intuitive, lucide qui permet de prendre des décision, de raisonner, de discerner, d’imaginer, de discriminer. La fonction de discernement de « bhuddi » est essentielle car c’est elle, au-delà des mouvements de manas qui nous conduisent à désirer ou rejeter, qui permet de déterminer ce qu’il convient de garder et ce qu’il faut rejeter, ce qui est « bon » ou « mauvais » non pas au sens exclusivement moral, mais au sens de ce qui permet ou non la libération. « Bhuddi » est une sorte de miroir qui réfléchit le Soi, le principe divin. Il est donc nécessaire que ce miroir puisse réfléchir au mieux et pour cela il faut le polir. C’est le travail du yogi.

Toutefois, la difficulté vient de ce que nous rencontrons systématiquement cinq obstacles sur la route de l’éveil : l’ignorance (avidyâ), l’égoïsme (asmita), l’attachement (raga), l’aversion (dvesa) et l’amour ou l’attachement à la vie (abhinivesa). Ce sont ces cinq obstacle qui, selon leur prépondérance font que la conscience (« chitta ») sera plus ou moins active.

On distingue généralement cinq états de la « chitta » : l’engourdissement (mudha), la fluctuation (ksipta), la stabilité partielle (viksipta), la stabilité et la concentration sur un seul objet (« ekagrata ») et enfin, la « chitta » maîtrisée (niruddha). Le travail du yogi est de faire en sorte que les désirs (« vasanas ») cessent d’alimenter « chitta » afin de la purifier. Et c’est une fois purifiée que « chitta » peut devenir source d’éveil.

Les huit étapes du yoga décrites par Patanjali permettent de vaincre un à un ces obstacles. Yama et Niyama (les préceptes éthiques) permettent de vaincre la conscience engourdie, asanas et pranayama permettent de la stabiliser, pranayama et pratyhara (le retrait des sens) facilitent la concentration et l’attention. Enfin la conscience stable est maîtrisée grâce à dyahna et samhadi. Aucune de ces étapes ne peut être négligée ou méconnues afin de permettre au yogi de connaître son corps et son esprit, mais aussi son moi et son intellect et d’avancer dans la voie de la réalisation qui, selon les philosophes du yoga est en fait une voie de dissolution du « moi » dans le divin. Le chemin part des koshas les plus externes, du corps de nourriture, pour accéder petit à petit à l’esprit, puis à l’intellect et à la conscience qui elle-même va permettre de remonter à l’Atman (le Soi).

Le yoga est donc bien autre chose qu’un ensemble de postures plus ou moins esthétiques ou acrobatiques. C’est un chemin de vie, un chemin de réalisation qui passe par la maîtrise du corps, grâce aux asanas et au pranayama notamment et par la maîtrise de l’esprit.

Holistika

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Holistika, c’est une nouvelle aventure qui démarre à Marseille avec mon amie Alexandra et j’en suis extrêmement heureux. Holistika, c’est un nouveau studio qui s’ouvre au 479 rue Paradis à Marseille (13008) où vous seront proposés des cours de Hata yoga, des cours de Yin yoga, de Yoga du dos, de Yoga nidra, d’Ashtanga, et aussi des cours spécialement dédiés aux femmes, Hormon yoga et yoga de la fertilité, ainsi qu’un cours de méditation de pleine conscience.

Holistika ce sont trois enseignants, Alexandra B., Carine K. et moi-même, pour offrir une palette aussi variée que nos personnalités, nos expériences et nos pratiques respectives nous le permettent.

Holistika ce sont des cours tous les jours de la semaine, des ateliers thématiques; des stages, des retraites, des professeurs invités.

Holistika c’est une aventure, un projet, une démarche. Pour en savoir plus, consultez le site : https://www.holistika-le-studio.fr/

Vous y trouverez des cours pendant tout le mois d’août, ainsi que le programme de la rentrée. Au plaisir de vous y retrouver.

Lâcher prise

Nous avons tous entendu cette injonction « lâchez prise », que ce soit dans un cours de yoga ou dans une lecture sur un réseau social quelconque. Mais qu’est-ce que ça veut dire au juste ? Se moquer de tout ? Cela ne semble pas aller dans le sens des enseignements de maîtres du yoga ou de ceux du bouddhisme. Faire le vide ? Toutes nos expériences que ce soit en yoga ou en méditation nous montrent qu’on ne fait jamais le vide. Alors, ça veut dire quoi ?

Parce que c’est bien joli de ressasser qu’il faut « lâcher prise », mais concrètement, on s’y prend comment ? Si la « lâcher prise » est si important (et il l’est) cela vaut la peine de s’interroger sur ce que cela veut dire.

Comment lâcher prise face à la douleur ? Comment lâcher prise quand on est assailli par des émotions négatives ou des sensations inconfortables ? Mais aussi, faut-il lâcher prise quand on est assailli par des émotions positives, des sensations agréables ? Et surtout lâcher prise pour quoi faire, pourquoi ?

Pour répondre à ces questions, il faut peut-être commencer par une autre question : qui tient, qui s’agrippe aux émotions, aux sensation ? Le yoga en référence au Samkhiya répondra « ahamkara », c’est à dire l’identification de tout un chacun à un « soi » individuel (« jiva« ) et l’attachement à cet « égo », à ce « je ». C’est cet ahamkara qui fait que l’individu peut se percevoir comme individu, c’est à dire séparé des autres.

De l’Ahamkara naissent, selon les Tattvas, d’une part, Manas (le mental) et d’autre part les cinq sens (« buddhindriya« ) et les cinq facultés d’action (« karmendriya« ). Ce sont ces cinq sens et ces cinq facultés d’action qui sont en lien direct avec Ahamkara et qui viennent en quelque sorte alimenter cette perception d’un « je » individualisé, séparé. Le sens et les facultés d’actions sont donc les portes qui permettent via le manas (le mental) à l’Ahamkara (le « je ») d’être en contact avec le monde et donc de ressentir, d’éprouver des sensations et également des émotions que le « manas » (le mental) s’efforce rapidement de traduire, de juger comme bonnes ou mauvaises, car le manas comprend outre la raison, la mémoire et l’imagination.

Donc ce « je » est ce qui veut vivre, ressentir les choses qu’il juge « bonnes » et fuir les choses qu’il juge « mauvaises ». C’est de là que naissent le désir de posséder, de jouir, de s’opposer aux autres, ainsi que toutes sortes de réactions telles que la colère, la jalousie, la volonté de domination etc.

Dans ce contexte, lâcher prise revient à dire de mettre manas en pause d’une certaine façon, afin de ne plus anticiper, imaginer ce qu’il peut en être du plaisir ou du déplaisir, de la jouissance ou de la souffrance. Cela signifie accueillir les sensations, les émotions, les voir pour ce qu’elles sont, mais ne pas s’y agripper.

On connaît bien cela quand on pratique le yoga. Dès lors qu’on aborde telle posture particulièrement difficile ou inconfortable, soudain notre esprit nous dit qu’on va ne pas être bien, que ça va être difficile, et nous incite à sortir de la posture.

Or, l’ego, plus qu’une réaité figée est un processus. Ahamkara signifie littéralement « fabrication du soi ». Autrement vous et moi, tout être humain se fabrique son « moi ». Le terme important ici c’est « fabriquer ». Et si l’on perçoit l’Ahamkara comme un processus, on ne peut plus le percevoir comme une entité.

L’ego, l’ahamkara, est quelque chose de nécessaire car il permet d’avoir conscience de son individualité et il s’inscrit en cela dans le processus de création de manifestation de la matière par la diffusion et la division de la Prakriti. Mais s’il n’est pas une entité, il ne saurait en aucun cas représenter la véritable nature de l’humain.

A ce stade, yoga et bouddhisme s’éloignent un peu. Pour le yogi, la véritable nature de tout être humain, c’est le « Soi » (avec une majuscule), vers lequel il importe de retourner en abandonnant la multiplicité, la dualité pour retourner à l’unité. Pour le bouddhisme, il n’y a tout simplement pas de « je » : Anatta. Et le bouddhisme ne dit rien quant à l’existence d’une divinité ou de divinités suprêmes, ce n’est pas son propos. Quoi qu’il en soi, être capable de percevoir cette réalité selon laquelle le « moi, le « je », l’ego n’est pas une réalité, pas une entité, que ce soit sur le chemin du yogi ou sur celui de la méditation bouddhiste, est la seule façon d’avancer.

Antakarana pour les yogi, c’est à dire la conscience d’appartenir à un tout unique, passe nécessairement par le moment où le mental va lâcher l’attachement à la division pour percevoir l’unité.

Pour les bouddhistes, être conscient d’anatta, du « non-soi » ou « non-je » est le seul chemin qui permette de laisser aller l’attachement aux sensations et émotions pour demeurer dans la conscience de l’instant présent et voir le dhamma tel qu’il est. Le seul chemin qui, passant par le détachement de tout désir, va permettre de devenir un Arahant et de ne pas renaître dans le flux du samsara.

Voilà donc dans quel contexte s’inscrit cette notion de « lâcher prise ». Nous sommes loin d’une notion « new age » de bien-être, d’abandon ou de je ne sais quoi. Lâcher prise suppose de savoir ce qu’il en est du processus de fabrication du moi, des sensations et des émotions, de savoir ce qu’il en est de notre attachement à ces émotions ses sensations, à nos désirs, pour connaissant la véritable nature du « je » être capable de lâcher tout cela, de s’en détacher.

Pour le dire autrement, « lâcher prise » suppose un savoir. Non pas un savoir livresque, mais un savoir né de l’expérience, elle-même produite par l’observation de nos réactions de nos désirs, de nos aversions et de leur processus de fabrication. L’ennemi du progrès spirituel que la notion de lâche prise contient relève de l’ignorance (« Avidiya » ou « Avijja »).

Cette connaissance par l’expérience et l’observation soutenue, nous pouvons l’acquérir par la pratique. Cette pratique peut être celle des asanas. Pour cela il faut pratiquer en conscience en portant une grande attention sur nos sensations, nos émotions et les réactions de notre mental. Mais il peut aussi s’agir d’autres pratiques telle que le yoga nidra ou la méditation vipassana, qui permettent d’affiner la conscience et d’observer les mouvements du mental et comment les émotions, sensations ou autres sont produites pour être capable de mieux s’abstraire de notre propension à nous attacher.

Alors, la prochaine fois que vous pratiquerez, pensez à éveiller votre conscience, à l’exercer pour repérer vos attachements et commencer, doucement, progressivement à vous en libérer, à « lâcher prise ».

Lâcher prise c’est donc s’autoriser à ne plus porter le fardeau de nos attachements, de nos désirs et de nos aversions. Un beau programme, non ?

A mes maîtres

Aujourd’hui, je souhaite rendre hommage à mes maîtres. Par maîtres, je veux dire tout ceux qui ont fait que je suis devenu l’homme que je suis, le professeur de yoga que je suis, tout ceux qui m’ont montré le chemin et m’ont accompagné pour un temps, d’une façon ou d’une autre..

Quand on pense à nos maîtres, on pense bien entendu, très directement, à tous ceux qui nous ont formés, nos professeurs. Je leur suis reconnaissant pour leur implication, leur engagement, leur passion, leur patience également et pour nous avoir fait avancer pas à pas sur le chemin. Chemin de la découverte du yoga, chemin de l’approfondissement de la pratique, chemin vers la compréhension de ce qui est en jeu dans chaque asana, chaque souffle, chaque chakra, chaque vayu, chaque bandha, chaque drishti. Chemin vers la compréhension du fait que le yoga n’est pas juste une discipline physique et qu’il ne s’agit pas de « bien » faire ou de « réussir », mais d’essayer, d’expérimenter, de « rater », de recommencer, de comprendre ce qui ne marche pas et pourquoi et parfois de l’accepter, simplement, de comprendre également pourquoi ça marche, aussi, et de l’accepter tout aussi humblement.

Une particulière mention à celui qui m’a fait découvrir le yoga nidra, enseignant avec simplicité et humilité ce qu’il a lui-même reçu de son maître dans les montagnes du nord de l’Inde. Qu’il soit remercié pour ce chemin qu’il m’a ouvert, pour ses précieux conseils, pour n’avoir jamais joué au maître, mais pour l’avoir été, en toute simplicité, peut être parce qu’il ne cherche pas à l’être.

Je voudrais également exprimer ma gratitude envers tous les autres qui, souvent sans le savoir, ont également été mes maîtres. Tel élève qui suivait la même formation que moi et qui a été un soutien inattendu dans un moment où je me trouvais en difficulté, dans un moment de doute ou de lassitude, simplement par un sourire, une attention muette expression de sa compréhension, de sa présence, de sa bienveillance. Tel moine rencontré dans un temple bouddhiste à Lampang (Thaïlande), avec qui j’ai pu discuter un quart d’heure et qui en une phrase a bouleversé ma vie.

Il y a encore tous ceux que je n’ai jamais rencontré physiquement (et pour certains, que je ne pourrai jamais rencontrer) mais qui nourrissent ma pratique par leur sagesse et leurs enseignements et que j’ai pu découvrir soit par des vidéos, soit par leurs écrits. Je citerai bien sûr, entre autres,Krishnamacharya, TKV Desikachar, BKS Iyengar, E Van Lysebeth et puis bien sûr, les grands classique dont Patanjali.

Il y a également tous ceux que je n’ai pas encore rencontrés et ils sont nombreux, que j’ai pu découvrir au hasard de lectures ou de navigations sur Internet et qui ont pu m’apporter une réponse, une inspiration, un moment de joie par un mot, une phrase, une idée, une attitude.

Et enfin, je voudrais remercier mes élèves. Ils sont mes maîtres, parce que leur engagement, leur joie, leurs questions sont pour moi autant de source de motivation, d’inspiration, d’incitation à chercher et à expérimenter encore et encore.

Merci donc à tous ceux-là et tous ceux que j’oublie peut-être à l’instant où j’écris ces lignes. Merci sincèrement.